Livre :
Les milieux désertiques, de Jean Demangeot et Edmond Bernus, Paris, Armand Collin, Collection "U", 2001.
Ouvrage universitaire rédigé par deux spécialistes de ce milieu.
Autre ouvrage :
La première partie du Livre des déserts, sous la direction de Bruno Doucey, Bouquins, Robert Laffont, 2006.
Notices sur la sécheresse et l'aridité, le climats, les reliefs, les sols, l'eau, les grands types de désert.
Comment hommes, animaux et plantes se sont-ils adaptés au désert, dans un environnement très inhospitalier, a priori, peu favorable à la vie ?
Les humains ont modifié leur mode de vie, en nomadisant au gré des précipitations, de la végétation. En choisissant aussi de demeurer dans des oasis, véritables havres de fraîcheur...
Les animaux ont su aussi faire preuve d'inventivité : la gerboise vit en sous-sol, terrain plus humide; les camélidés (chameaux et dromadaires) stockent l'eau dans leurs tissus...
Les plantes ont déployé des trésors d'ingéniosité, certaines n'apparaissant qu'à la faveur d'une averse. C'est le cas des éphémères.
Toute cette faune vit dans un territoire que l'on pourrait croire uniforme : du sable, rien que du sable à perte de vue. Cette croyance est largement fausse. Le désert est multiple : anciens lits de cours d'eau, asséchés ou non;
cailloux, espace de végétation éparse... Revue de détails.
L'oued est un cours d'eau qui peut se former après d'importantes chutes de pluies ou être semi-permanent. En général, il ne se jette dans aucun lac, mer ou autres fleuves. Il s'évapore et reste confiné au désert qui l'abrite. Il permet parfois d'établir quelques cultures s'il est assez conséquent. Ces cours d’eau intermittents portent différents noms : wadi ou oued dans les pays sahariens et arabes, kori dans certaines parties du Sahel, reviere en Namibie, wash aux Etats-Unis.
Un oued dans le sud marocain, résultat de fortes précipitations une dizaine de jours plus tôt.
Le reg est un désert de pierres et de cailloux. Ce mot est en fait un acronyme qui cache un mot savant : le réticulum endoplasmique granuleux. Comme pour les étendues sableuses, le vent joue un grand rôle dans la formation de ces espaces. Il dégage les plus petits morceaux du matériau, laissant sur place les gros blocs de pierre. Le jour, les roches se dilatent sous l'effet de la chaleur, et la nuit elles se contractent à cause des températures fraîches. Si la marche dans les dunes n'est pas évidente, la progression dans les regs, composés de gros blocs, est assez traumatisante pour les pieds et articulations.
Un paysage de reg dans le sud marocain.
Seuls les gros blocs de pierre, trop volumineux pour être transportés par le vent, restent fixés au sol.
Les ergs sont des espaces de dunes, plus ou moins étendus. Certaines sont d'origine fluviale : comme celles du Tâkla-Makan, par exemple. Il y a plusieurs types de dunes. Les plus dangereuses étant les barkhanes. Elles sont mouvantes : la masse de sable avance en roulant sur elle-même. Elles peuvent se déplacer de 30 cm par jour et de 20 à 50 m par an, en fonction de la force du vent. Et peuvent atteindre 100 m de haut et un périmètre d’environ 500 mètres. Même les habitués du désert peuvent s'y égarer.
Un petit espace de dunes de quelques dizaines
de km2dans le sud marocain.