L'avion de Royal Air Maroc vient de prendre son envol. Petit à petit, le sol s'éloigne et une multitude de petites lumières surgissent dans le noir intense de l'obscurité. Comme des points d'ancrage dans la nuit.
Mes sentiments sont mitigés. Ce voyage je l'ai voulu comme une rupture avec mon quotidien, une semaine hors du temps où je pourrai dresser le bilan de ces derniers mois, fructueux à tous points de vue.
Depuis deux semaines, je me sens un peu au creux de la vague et j'ai besoin de « me retirer au désert » pour réfléchir. Pour remettre les événements de cette dernière quinzaine à leur vraie place et relativiser ma situation.
Pourtant, une sourde angoisse commence à m'étreindre : et si ce périple ne m'apportait rien. Si le flou dans lequel je patauge ne se dissipait pas... Les minutes s'étirent, interminables. Soudain, le sol marocain apparaît entre deux strates de nuages. Je ne peux plus reculer. L'aventure est là qui m'attend. Vers minuit et demi, je pose le pied sur le tarmac de l'aéroport de Ouarzazate, porte d'entrée du sud marocain.
Le vent s'est levé, amenant des milliers de grains de sable du désert, tout proche. Premiers contacts et premiers ravissements. Nous traversons la ville endormie pour atteindre l'hôtel qui abritera ma première (brève) nuit marocaine. Dans une poignée d'heures, je prendrai le chemin d'étendues désolées.