Vies multiples
Emission audio de 55 minutes sur les différentes existences de Monod. Par Roger Cans, auteur de Monod savant tous terrains.
Intervention ponctuée de musique, avec notamment la chanson d'Alain Souchon La vie Théodore.
L'origine d'une vocation
C'est là que le jeune Monod commença à se passionner pour la flore. Le domicile familial en était très proche.
Porte du désert
Histoire, géographie et démographie du port de Mauritanie à partir duquel Monod effectua sa première méharée.
Epopée
Cette partie du Sahara fut traversée dans sa largeur par Monod, soit 450 km. Une première jamais tentée auparavant.
L'œuvre d'une vie
Notice sur l'IFAN, cet institut que Monod présida jusqu'en 1964.
9 avril 1902.- Naissance à Rouen. Sa famille est originaire du pays de Gex. Fils de Wilfred et Dorina. Son père est pasteur. Il est issu de cinq générations de pasteur.
1907.- Déménagement de la famille Monod à Paris. Il fréquente le Jardin des plantes et le Muséum national d’histoire naturelle. Bac à 16 ans, licence à la Sorbonne trois ans plus tard.
1922.- Assistant au laboratoire des Pêches et Productions coloniales d’origine animale. A 20 ans il part étudier en Mauritanie les poissons et la pêche à Port-Etienne (aujourd’hui Nouadhibou). Première méharée de 20 jours vers Saint-Louis du Sénégal. La passion du désert ne le quittera plus.
Fin des années 1920.- Il est envoyé en Afrique occidentale. Il participe à la mission Augieras-Draper entre Tamanrasset et Tombouctou. Découverte du squelette fossilisé de l’homme d’Asselar. Puis service militaire au Hoggar comme chamelier de deuxième classe dans la compagnie saharienne.
1930.- Il épouse Olga Pickova, une juive d’origine tchèque. Il publie de nombreux articles sur la préhistoire.
1931.- Publication de Méharées, explorations au vrai Sahara.
Février 1936.- Il débute la traversée du Tanezrouft, au Sahara algérien, dans sa largeur : 450 km et 12 jours de marche. Exploit jamais tenté.
1938.- Il devient le premier directeur de l’IFAN (Institut français d’Afrique noire, devenu l’Institut fondamental d’Afrique noire). Il le dirigera jusqu’en 1964. Il est voué à la recherche scientifique sur le continent africain.
Seconde guerre mondiale.- Il est chargé d’espionner l’ennemi italien à la frontière libyenne. Il explore le Dohone, inventaires de la faune et flore locales, relevés topographiques et ascension de l’Emi Koussi (3 500 mètres) pour en étudier le cratère.
1954.- Il réalise son exploit majeur : une traversée de 900 kilomètres entre Ouadan et Arouan sans point d’eau, dans une région qu’il rebaptise « La Madjabat al Koubra » (la grande solitude, nom donné par l’écrivain andalou Al Bakri en 1068). Départ le 10 décembre 1954. La ration d’eau vitale est fixée à 630 centimètres cubes (0,60 litres) par jour et par personne. Ils atteignent Arouan le 2 janvier 1955. Monod poursuit ensuite vers le puit El Mrayer à 600 km et le puit El Ghallaouya à 250 km.
22 novembre 2000.- Décès, après une vie d'aventurier et de scientifique très remplie. Monod est passé à la postérité. Le grand public conservera l'image d'un homme âgé, plein de sagesse et de convictions, qui arpente le désert témoignant, sans relâche, de ses beautés.
OEUVRES.- Maxence au désert, L'Emeraude des Garamantes, Méharées, Vie et mort au désert, Le fer de Dieu, Désert Libyque, Majâbat Al-Koubrâ, Le chercheur d'absolu.
BIOGRAPHIES, ANALYSES.- Théodore Monod, savant tous terrains de Roger Cans, Editions sang de la terre, Paris, 2001.
Mémoires d'un naturaliste voyageur de Théodore Monod, préface de Jean Rouch
textes recueillis par Isabelle Jarry, iconographie de Jean-Marc Durou,
Editions AGEP, 1990.
« Présence retrouvée aussi de l’écorce terrestre, au ras de laquelle nous allons vivre ; marchant, assis, couchés, nous conservons avec le sol un contact direct, sans intermédiaire : il faut avoir pataugé dans le sable, à longueur de journée, s’être déchiré les doigts de pied dans la caillasse, avoir dormi à même le roc, pour comprendre ce que cela signifie… Leçon d’humilité, cette existence de cloporte collé au sol, cette fraternelle cohabitation avec les bêtes… »
Méharées.
« On éprouve du respect pour ces paysages intacts, qui ne nous ont rien demandé, qui se passeraient bien de notre présence et qui sont là quand même, simplement majestueux. »
Vie et mort au désert.
« Dans l’oued Sanaka, j’ai pleuré. C’est que parfois on se retrouve tout nu, tel que l’on est, non plus le personnage, mais la personne, marcheur fatigué en route vers un but inconnu. »
L’Emeraude des Garamantes.