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Sélection de livres

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Librairies en ligne

La Géographie
Plus de 200 livres qui concernent le désert : récits de voyages, écrits scientifiques, géographiques... Possibilité de commander en ligne. Cette enseigne est située à Paris, 148 boulevard Saint-Germain, ouverte du lundi au samedi de 10 heures à 19h30.

Itinéraires
Librairie spécialisée dans le voyage. Catalogue très important. Recherche possible par pays, par thème... Enseigne située à Paris 60 rue Sainte-Honoré.

Les auteurs

Jean-Loïc Le Quellec
Au menu : des informations sur l’art rupestre au Sahara, sur l’évolution des climats et des populations. L’auteur (ethnologue, anthropologue, spécialiste de la préhistoire et de l'art rupestre saharien) a aussi mis en ligne quelques documents inédits.

Thomas Renaut
Il a pris les photographies qui illustrent l'ouvrage Tombouctou, les villes du fleuves. Clichés à Saint-Louis du Sénégal ou Marrakech. Biographie et projets sur lesquels il a travaillé. A consulter aussi sa photothèque. Possibilité d'acheter certaines de ses créations.

Christophe Dabitch
Fiche biographique de l'auteur de la bande dessiné Abdallahi, sur le site du festival Etonnants voyageurs de Saint-Malo. Principales œuvres et résumé de l'ouvrage sur René Caillié.

Jean-Denis Pendanx
Courte biographie, principales œuvres et un grand dessin du coloriste et dessinateur de la BD Abdallahi.

Edmond Bernus
Courte biographie de l'auteur du livre Les Touaregs, ainsi qu'une bibliographie et l’article paru dans le journal Le Monde lors de son décès. Quelques-uns de ses travaux sur les Touaregs sont consultables au format PDF.

Henry Laurens
Page de l'historien, auteur de Lawrence en Arabie. Il enseigne au Collège de France. Biographie, bibliographie et cours en ligne (PDF et audio) sur la question de la Palestine à partir de 1954 ou l’Europe et le monde musulman au XIXe siècle.
A lire également un Article de Laurens dans Le Monde Diplomatique d’avril 2003 : « Comment l’Empire ottoman fut dépecé ». Lawrence d’Arabie y fait une brève apparition.

Philippe Frey
Cet aventurier des temps modernes est notamment l'auteur de 50°C déserts brûlants. Son site : rapide biographie, bibliographie et surtout le calendrier des méharées qu’il propose, en Algérie, Niger, désert de Gobi…
A regarder : une vidéo de l’écrivain en dédicace qui parle des nomades et de leur adaptation au désert, ainsi que de sa passion des rencontres. Mais aussi de la violence qui caractérise parfois certaines zones troublées (Afghanistan …).

Alain Thomas
Photographe et auteur des clichés du livre L'ouest américain. Ici il propose un voyage en images dans les parcs nationaux de cette région des Etats-Unis.

Déserts, les 50 plus beaux sites du monde

Marco C. Stoppato et Alfredo Bini
Delachaux et Niestlé, Paris, 2003
256 pages

Cet ouvrage, fourni, passe en revue tous les déserts du globe, même l’esseulé désert d’Andalousie.
Des notices, très illustrées, présentent les 50 déserts sélectionnés par les auteurs. Des données très centrées sur le climat, la situation géographique et la formation géologique de ces espaces.
En début d’ouvrage, les auteurs abordent le climat, la formation des déserts, leur passé, de manière très poussée. De nombreux schémas illustrent le propos et aident à comprendre.

Les plus : l’ouvrage est assez exhaustif, les illustrations très explicatives.
Les moins : le livre est très centré sur l’aspect géologique de ce milieu, le volet humain est complètement occulté.

Les plus beaux déserts de la terre

Michael Martin. Préface de Michael Asher.
Editions du chêne, 2004
372 pages

Cet ouvrage magnifique mêle photos de désert à travers quatre continents (Afrique, Asie, Amérique et Australie) et textes érudits, rédigés par des scientifiques.
Chaque désert est décrit précisément. En fin d’album, quelques articles donnent une vue d’ensemble du sujet en décrivant la faune, la flore ou encore l’adaptation de l’homme à ce milieu hostile.
Le photographe munichois Michael Martin et son amie Elke, cameraman, ont voyagé dans plus de 50 pays. Leur périple a duré 900 jours répartis sur cinq ans.

Les plus : de magnifiques photographies, des textes clairs rédigés par les meilleurs spécialistes, des cartes.
Les moins : aucun. Petit regret : que le récit du périple hors du commun de Michael et Elke soit si bref (une seule page en fin d’ouvrage).

50°C : déserts brûlants

Philippe Frey
J.C. Lattès, 2007
320 pages

Philippe Frey décrit ses voyages trépidants au sein des déserts de la planète.
A son compteur : près de 40 000 km et quelques costumes endossés pour l’expérience. Tantôt chamelier saharien, chasseur-cueilleur en Afrique australe, Baloutche masqué en Orient, il se fond dans le paysage, l’émerveillement flirtant parfois avec le danger vital.
Partiellement aveugle dans le Sahara mauritanien, manquant mourir de soif dans le Kalahari, pris pour cible par des trafiquants de drogue dans le Lout iranien ou victime d’un grave accident de moto à Zinder, au Niger.
Il n’échappe pas non plus à la geôle, puisqu’il aura passé, au total, de huit à dix mois dans diverses prisons du globe : cueilli pour vagabondage à Arlit (Niger), pour entrée en territoire protégé à la frontière indo-pakistanaise (désert du Thar), ou prisonnier des Toubous au Tibesti (Tchad)…
Loin du monde, il est souvent rattrapé par ses rumeurs. Même en plein désert, guerre et violence ne sont jamais très loin. Mais, au lieu de le dégoûter, ses mésaventures le poussent à réitérer ses pérégrinations. Souvent seul, il arpente des territoires parfois méconnus qu’il se plaît à décrire avec humour et respect pour la beauté qui s’exprime sous ses yeux, naturelle ou humaine.

Les plus : le récit dynamique et plein d’humour, ponctué d’anecdotes. La variété des régions traversées, la description de rencontres parfois incongrues. Les photos qui agrémentent la narration.
Les moins : Philippe Frey frise parfois l’inconscience. On peut adhérer à sa boulimie d’aventures et vouloir l’imiter ou rester en retrait. A chacun de juger…

Le monde des déserts

Hors-Série du magazine Géo
Prisma Presse , septembre 2002
178 pages

Ce hors-série du magazine Géo propose un survol des déserts de la planète, faisant la part belle à de magnifiques photos. En point d'orgue, on découvre un reportage inédit sur le désert des déserts, le Rub-al-Khali, cher à Wilfred Thesiger.
Ce numéro est découpé de manière thématique : la conquête des sables (avec René Caillié, Heinrich Barth, T.E. Lawrence, Isabelle Eberhardt...), les déserts du monde (le Gobi, les déserts d'Iran...), la faune (une notice détaillée sur le dromadaire); l'histoire (le massif de l'Ennedi et ses traces d'un ancien climat, plus verdoyant, le désert du Pérou et ses vestiges de la civilisation nazca); les peuples (les troubadours du Thar au Rajasthan, les travailleurs du sel au Sahara malien, la peinture sacrée des Aborigènes d'Australie, les Touaregs et leur avenir...)
Enfin un chapitre sur la désertification permet de constater les conséquences ravageuses de l'action humaine sur l'environnement. Quelques pages en fin d'ouvrage donnent des coordonnées de voyagistes et des lectures utiles pour tenter l'aventure.

Les plus : des clichés magnifiques, une plongée prenante dans l'univers des déserts et de ceux qui y survivent.
Les moins : rien ne nous a sauté aux yeux. Les articles sont clairs, les cartes bienvenues. Un ouvrage conçu pour s'évader.

Le livre des déserts

Sous la direction de Bruno Doucey
Bouquins, Robert Laffont, 2006
1180 pages

C'est la Bible des déserts. Tous les sujets y sont abordés de manière approfondie. Faune, flore, formation des déserts, histoire, exploration, littérature, imaginaire... Bruno Doucey s'est entouré des meilleurs spécialistes pour accoucher de cet ouvrage conséquent, édité à l'occasion de l'année internationale des déserts. Au casting : Charlotte de Montigny, Caroline Bernus, Antoine de Meaux, Jean-Luc Maxence... Des extraits d'œuvres d'écrivains du désert, d'aventuriers, de scientifiques ponctuent les chapitres et offrent un espace de respiration.

Les plus : un ouvrage très exhaustif. Tous les sujets y sont abordés. Vous trouverez forcément votre bonheur.
Les moins : le manque d'illustrations. Le livre étant dense, cela aurait peut-être permis de le rendre un peu plus digeste, même s'il se lit avec plaisir.

Sahara, visions d’un explorateur de la mémoire rupestre

François Soleilhavoup
Transboréal, Paris, 1999
127 pages

Naturaliste et géologue-géomorphologue de formation, l’auteur offre un récit mixte de ses pérégrinations dans le Sahara libyen, algérien et nigérien, effectuées du milieu des années 1970 à la fin des années 1990.
En bas de page, le scientifique livre ses ressentis et ses découvertes : paysages géologiques étonnants, peintures ou gravures rupestres parfois presque effacées… Redonnant vie à un passé révolu, photos et relevés à l’appui.
En haut de page des notices éclairent des notions aussi différentes que les formes d’érosions dans le Sahara, les interprétations de l’art saharien ou encore les croyances et les cultes en pays touareg. Un ouvrage passionnant qui mêle géologie, art, astronomie, religions, faune et histoire.

Les plus : des notices claires et intéressantes sur des sujets très variés. Des photos magnifiques mettant en scène peintures rupestres, curiosités géologiques et éléments de vie quotidienne des régions traversées.
Les moins : une bibliographie aurait été la bienvenue pour approfondir certains thèmes, tels que l’astronomie, seulement effleuré dans le livre. Pourquoi le désert est-il un lieu privilégié d’observation ? Existe-il des organismes proposant des voyages d'étude du ciel et des étoiles ?

Sahara

Gilles Bordessoule (et alii)
Nathan, Paris, 2003
156 pages pour l’ouvrage principal

Ce coffret, à destination de futurs voyageurs sahariens, se compose de trois livres.
Le premier intitulé, Sahara, est un récit de voyage, scandé par des photos très lumineuses, souvent pleine page. L’auteur y explore tour à tour le Hoggar, les Tassilis (N’Ajjer et du Hoggar) et le Ténéré.
Il décrit ses rencontres, la vie quotidienne de la caravane, des coutumes qui s’estompent parfois sous les coups de boutoir de la modernité… Son texte est un hommage au désert et aux êtres qui l’habitent. Les deux autres livrets sont consacrés aux modalités pratiques du voyage : quand et comment partir, conseils de lecture, voyagistes, éthique du touriste. Gilles Bordessoule consacre quelques pages à chaque pays (Maroc, Mauritanie, Mali, Algérie et Niger) : histoire, faune, flore, adresses utiles et itinéraires de randonnée avec cartes.

Les plus : les photos sublimes, le texte souvent profond, les conseils pratiques et les cartes pour se situer.
Les moins : pas évident que tous les voyagistes et organismes cités existent toujours.

Les touaregs

Edmond Bernus, photos de Jean-Marc Durou
Editions Vents de sable, Paris, 2002
171 pages

Edmond Bernus, grand spécialiste de l’univers touareg, effectue un tour d’horizon complet de cette culture riche et ancestrale.
Selon lui, ce peuple, présent aujourd’hui en Algérie, Libye, Mali, Niger, Burkina-Faso, Tchad et Nigéria compterait un peu moins de deux millions d’individus.
Il passe en revue des thèmes aussi divers que leur histoire, leur cohabitation avec les occidentaux, leur mode de résistance. Mais aussi la hiérarchisation de la société, la langue, l’écriture, la culture matérielle, le commerce caravanier, la représentation du temps et de l’espace…
Il note que la colonisation a scindé l’espace géographique touareg en deux entités : les tribus du nord et celles du sud dépendaient de deux administrations distinctes.
Enfin il dresse un constat en demi-teinte quant à la condition « moderne » des touaregs. Leur intégration, parfois malaisée, dans les nouveaux états issus de la décolonisation. La sécheresse de plus en plus fréquente qui les contraint parfois à l’exil dans de grandes villes (par exemple à Niamey, la capitale du Niger), inadaptées à leur mode de vie ancestral.

Les plus : les chapitres denses, entrecoupés de magnifiques photos, poétiques et concrètes. La carte en fin d’ouvrage, qui situe l’aire géographique de chaque tribu.
Les moins : aucun. L’ouvrage, très complet, pousse à approfondir le sujet, à l’aide d’une bibliographie complète et variée.

Une mort annoncée (à la rencontre des Bushmen, derniers chasseurs-cueilleurs du Kalahari)

Marylène Patou-Mathis
Perrin, 2007
197 pages

L’auteur, préhistorienne, a vécu trois mois au sein de la tribu san des ! Kung Zu/Wasi dans les collines de Tsodilo dans le désert du Kalahari central au Botswana, en 1985.
C’est un monde en péril, à l’agonie qu’elle décrit ici. Ce peuple (plus connu sous le nom de Bushmen) ne compterait plus aujourd’hui que 65 000 représentants alors qu’ils étaient 200 000 il y a quelques siècles.
En cause principalement : les colonisations hollandaises puis anglaises et, aujourd’hui, la main-mise des compagnies diamantaires qui exploitent leur territoire.
Marylène Patou-Mathis décrypte la vie quotidienne des San : chasse, cueillette, habitudes alimentaires, organisation de la société, rites initiatiques, loisirs, croyances…
Par exemple, les San croient qu’ils ont été créés par dieu en dernier, après les blancs et les noirs, avec ce qui restait dans le « pot ».
L’écriture, vivante et expressive, rend cette culture et ces êtres attachants. On s’interroge sur leur avenir. La tribu, que décrit l’auteur, existe-t-elle toujours ? Comment vivent-ils? Et la chasse ? Marylène Patou-Mathis, elle-même, n’est pas très optimiste, plus de 20 ans après son immersion.

Les plus : on apprend une foule de choses sur les San et leur mode de vie. Et on relativise nos existences dans une société opulente. Les photos, montrant des épisodes de la vie quotidienne (chasse, cueillette, jeux…), qui ponctuent l’ouvrage.
Les moins : aucun. Un livre essentiel pour comprendre comment un peuple, aux coutumes riches, peut disparaître sans bruit.

L’ouest américain

Jean-Yves Montagu (textes), Alain Thomas (photogra
Editions du chêne, 1996
159 pages

Cet ouvrage, illustré de photos magnifiques, n’est qu’en partie consacré aux déserts de l’ouest américain. Au menu donc : le Grand Canyon, de monumentales arches naturelles en grès, la Vallée de la mort (la température peut y atteindre près de 60°C), le désert du Sonora et ses cactus gigantesques et les White Sands, ces dunes blanches à très haute teneur en gypse.
Le texte, très poétique, décrit très bien les paysages. Il est truffé de références historiques et littéraires (Baudelaire, Hugo ou le poète américain Longfellow).

Les plus : les photos et les textes, courts et imagés.
Les moins : on en redemande. Le livre effectue un trop rapide survol.

Atacama, un désert andin

Photographies de Andres Figueroa, poèmes de Pablo
Editions Les Météores, 2004
106 pages

Ce livre magnifique alterne de grands clichés en noir et blanc et quelques textes du poète chilien Pablo Neruda.
Le photographe Andres Figueroa a capturé toutes les facettes du désert d’Atacama : étendues de sable, geysers de Tatio, vallée de la lune, forteresse de Quitor…
Il s’attarde sur la vie quotidienne et grave sur la pellicule des visages dont il donne l’identité.
A l’honneur également : les villages de Humberstone et de Santa Laura, dont les anciennes usines d’extraction du salpêtre ont été inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco en 2005.
Les poèmes de Neruda (en français, espagnol et anglais) se glissent dans les pages, comme autant d’invitations à la méditation.

Les plus : des photos superbes qui trahissent la diversité du désert d’Atacama. Le noir et blanc qui donne une touche fantasmagorique.
Les moins : les textes de Neruda sont trop peu nombreux (quatre seulement). Quelques éléments complémentaires sur les lieux photographiés auraient été judicieux. Les légendes sont trop courtes.

L’exploration du Sahara

Jean-Marc Durou (préface de Théodore Monod)
Actes sud, 2004
185 pages

Des explorateurs de l’Antiquité à Théodore Monod, Jean-Marc Durou, spécialiste reconnu du Sahara et photographe, retrace les exploits qui ont émaillé la découverte du plus grand désert de la planète.
Au fil des pages, il retrace phrases et faits de ces pionniers : les Romains, Ibn Battuta, Heinrich Barth, René Caillié… L’ouvrage est illustré de photos d’époque ou de clichés actuels des lieux décrits.

Les plus : les photos qui occupent une double page, le classement des explorateurs par époque.
Les moins : les notices sont parfois un peu longues, sans paragraphes.

Tombouctou et les villes du fleuve : Ségou, Djenné, Mopti

Textes de Marie-Aude Priez, photos de Thomas Renau
Asa éditions, 1999
88 pages

En langue Tamacheq, « Tim » signifie « endroit » et « Bouctou » était le nom de la vieille dame qui s’occupait du puits, objet que l’on peut encore voir dans l’enceinte du musée de la ville.
La majeure partie de cet ouvrage, illustré par de nombreuses photographies, est consacrée à la mythique Tombouctou (Mali). Ville légendaire, tapie au cœur du Sahara et autrefois interdite aux non-musulmans, elle fut le phare d’une brillante civilisation : celle des Songhaï.
Elle attira aussi de nombreux explorateurs : Alexander Gordon Laing, René Caillié ou encore Heinrich Barth. Marie-Aude Priez aborde tous les aspects de la cité : son histoire, les hommes qui la bâtirent et la pérennisèrent, les coutumes qui l’animent...
En fin d’ouvrage quelques éclairages supplémentaires sont apportés : les explorateurs à Tombouctou, le rôle de l’Islam dans l’expansion de la ville…

Les plus : une écriture poétique et des photos très réalistes qui restituent une certaine atmosphère.
Les moins : en voulant traiter de nombreux sujets, l’ouvrage donne l’impression d’un trop rapide survol. Une bibliographie pour approfondir les thèmes abordés aurait été judicieuse.

Abdallahi (bande dessinée, deux tomes)

Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx
Futuropolis, 2006
86 et 96 pages

Cette bande dessinée constitue un récit romancé du voyage de René Caillié vers Tombouctou. Il se fait passer pour musulman et tous le surnomment Abdallahi, « le serviteur de Dieu ». Se basant sur les carnets de voyage de René Caillié et sur sa courte existence, Christophe Dabitch (l’auteur du récit) et Jean-Denis Pendanx (dessins et couleurs) livrent une histoire puissante et épique du périple de l'explorateur.
Les dessins sont très évocateurs et les visages représentés très expressifs, particulièrement dans la terreur et l’inquiétude. Les auteurs insistent sur les difficultés physiques du voyage et les menaces qui guettent à tout moment leur héros. Ils ont imaginé ce que René Caillié pouvait ressentir, entreprise d’autant plus ardue que ses écrits n’ont jamais trahi ses soubresauts intérieurs.

Les plus : une carte pour retracer le périple et quelques éléments biographiques sur la vie de René Caillié. Les dessins très expressifs, d’un grain orientalisant.
Les moins : des bribes surréalistes qui pourraient dérouter les lecteurs les moins enclins à ce style narratif. Par exemple lorsque René Caillié converse avec la tête tranchée de son guide Arafanba tué à Tombouctou. Il l’a conserve dans un petit sac sur le chemin du retour qui l’amène à Tanger.

Théodore Monod, savant tous terrains

Roger Cans
Editions Sang de la terre, Paris, 2001
297 pages

En 15 chapitres et un épilogue, courts et vivants, Roger Cans décrypte les différentes facettes de Théodore Monod, le savant tous terrains et multi-cartes. Protestant fervent mais ouvert aux autres religions et philosophies, pacifiste et anti-militariste mais ayant porté l’uniforme, scientifique plongé dans ses recherches et citoyen engagé dans la résistance au nazisme et contre les essais nucléaires.
Il décrit le génie d’un homme qui reste encore une référence dans le monde scientifique, dans de nombreux domaines (l’ichtyologie, la botanique…), sa longévité aussi (à 90 ans l’homme arpentait toujours les déserts de sa jeunesse).

Les plus : une écriture simple et agréable, truffée d’anecdotes et de citations de Théodore Monod. Un survol assez exhaustif de l’existence de l’homme.
Les moins : l’absence d’illustrations.

Maxence au désert

Théodore Monod
Actes sud, collection Babel, 1995
94 pages

Ce livre, très court, décrit les premiers pas de Théodore Monod dans le Sahara mauritanien. A la faveur d’une année à Port-Etienne (aujourd’hui Nouadhibou en Mauritanie), au cours de laquelle il s’adonne à l’étude de la faune ichtyologique et de l’industrie de la pêche, le jeune scientifique a l’occasion de pénétrer dans le désert.
Du 14 octobre au 12 novembre 1923, une caravane, composée d’une vingtaine de personnes, abrite Maxence (alias Théodore Monod) qui découvre la vie nomade. Ils parcourront 800 kilomètres. Emerveillement, contact avec les Maures et souffrances physiques sont au menu de cette traversée de la Mauritanie occidentale.
Lors de ce périple, Monod dévore Le voyage du Centurion d’Ernest Psichari. Le choix du nom de son héros, Maxence, est un hommage au petit-fils de Renan. L’ouvrage se lit comme une nouvelle et un récit d’initiation à un mode de vie particulier. En germe : la passion dévorante de l’auteur pour le désert qui le poussera ensuite à tenter des « navigations hauturières » extravagantes (voir l’Emeraude des Garamantes) et à constituer une immense collection floristique.

Les plus : la clarté du récit. La carte en début d’ouvrage qui détaille la nature des lieux traversés
Les moins : on ne retrouve pas la virtuosité littéraire de Monod. Ce tout premier récit sur le désert manque un peu de dynamisme.

L'Emeraude des Garamantes (souvenirs d’un Saharien)

Théodore Monod
L’Harmattan, 1984
464 pages

Il ne faut pas se fier au titre. L’un des ouvrages les plus importants de Théodore Monod (exclusivement autobiographique), ne traite que très peu de l’Emeraude des Garamantes et de sa quête. Il semblerait même que ce joyau vert n’ait jamais eu de véritable existence.
Ici le monument Monod jongle avec les styles littéraires et passe du chameau aux casernes, de l’Europe à l’Afrique. Outre l’humour caustique dont il use parfois, la partie la plus réjouissante du récit réside dans la narration de ce qu’il appelle ses « navigations hauturières » dans le désert.
Exemple du 11 décembre 1954 au 27 janvier 1955, où il se lance dans un périple de 1 730 kilomètres, entre Ouadan, Araouan, El Mrayer et El Ghallaouya (Sahara mauritanien). Plus que la description humoristique de ses petits désagréments plantaires, Monod trahit la performance d’un tel voyage.
Avec deux compagnons et cinq chameaux, chaque être humain dut se restreindre à n’absorber que 720 cm3 de liquide au quotidien (soit trois-quarts de litres), 1 200 environ (un peu plus d’un litre) les bons jours.
Entre réflexions sur la société et ses vanités (« les choses de ce monde passent »), envolées religieuses, hommage à deux « martyrs » du désert (Alexander Gordon Laing et George Glas) et poèmes, l’auteur effectue quelques détours vers son enfance et l’époque du Jardin des plantes, à Paris.
Il clôt l’ouvrage en un chapitre-bilan sur ses engagements, la vieillesse qui l’assaille et les penseurs qui auront marqué sa vie : Teilhard de Chardin ou Louis Massignon.

Les plus : un récit très vif. On ne s’ennuie pas une seconde. L’éclectisme du personnage le pousse à varier les plaisirs. Des profondeurs de l’âme aux blagues de régiment. D’un mot latin à un trait d’esprit. Quelques dessins, un brin surréalistes, agrémentent le tout.
Les moins : aucun. Peut-être quelques cartes pour situer les « navigations » de Monod.

Mémoires d’un naturaliste voyageur

Théodore Monod, préface de Jean Rouch
Editions AGEP, 1990
180 pages

Cet ouvrage, rédigé avant le décès de Théodore Monod en 2000, est une vraie mine d’informations sur sa longue existence.
Photos d’époque, jaunies par les ans, coupures de journaux, dessins ou caricatures tracés par le frère aîné de Théodore Monod, clichés des déserts qu’il a arpentés…
Certaines photos sont issues de la collection privée du naturaliste. En huit grands chapitres, on découvre les passions, l’abnégation et l’esprit parfois facétieux de l’homme.
Son enfance heureuse, sa première méharée de Port-Etienne en Mauritanie à Saint-Louis au Sénégal, la guerre, ses pérégrinations sous-marines à bord du bathyscaphe du professeur Auguste Piccard. Et puis ses « traversées hauturières » de régions du Sahara, souvent inexplorées : 6 000 km au total de 1956 à 1964; son éclectisme scientifique (il était à la fois botaniste, géologue et s’intéressait aux gravures et peintures rupestres…).
Un chapitre entier aborde les engagements de Théodore Monod : notamment contre la guerre d’Algérie, le militarisme, la chasse, la corrida et les expérimentations animales. Monod était un écologiste avant la lettre.
Les derniers clichés le montrent à plus de 80 ans en train de sillonner son « diocèse » saharien : l’Adrar en Mauritanie.

Les plus : photos, extraits d’articles et d’œuvres de Théodore Monod rythment la biographie. Un bon livre pour appréhender une vie passionnante.
Les moins : il est parfois difficile de distinguer qui est le narrateur : Théodore Monod ou Isabelle Jarry (qui a récolté l’ensemble des matériaux de l’ouvrage). Le récit à la troisième personne alterne avec les écrits du savant. Heureusement ces contre-temps sont rares.

Sahara, sur les traces de Frison-Roche

Eric Milet
Arthaud, 2003
155 pages

Eric Milet, spécialiste du désert et photographe, est parti sur les traces de Roger Frison-Roche qui relia Tamanrasset à Ghat, dans le Sahara, en 1950.
Milet et ses compagnons de route n’atteindront par leur but. Après 37 jours de voyage, la fermeture de la frontière libyenne les contraindra à s’arrêter à Tin Alkoum, ultime poste algérien.
Ponctué d’extraits d’œuvres de l’écrivain (Carnets sahariens, La Piste oubliée ou encore La Montagne aux écritures), le récit d’Eric Milet décrit les températures extrêmes, la soif, la fatigue mais aussi l’enchantement d’une nature inviolée (les peintures rupestres, la majesté des paysages et le bonheur de se fondre dans le silence). Ainsi que les rapports humains avec les Touaregs qui le guident.
L’auteur s’attache aussi à faire revivre le passé du Sahara à une époque plus « verdoyante ».

Les plus : un récit très bien rédigé, vivant et documenté. Des photos magnifiques, très lumineuses. Une carte pour situer le périple.
Les moins : aucun, si ce n’est que l’on aurait aimé quelques coordonnées de voyagistes proposant ce type d’aventures, tant le livre donne envie de se lancer.

Carnets sahariens

Roger Frison-Roche
Arthaud, 1996
318 pages

Roger Frison-Roche explore ici plusieurs facettes du Sahara qu’il arpenta à plusieurs reprises (il y accomplira dix-sept voyages et son dernier périple aura lieu en 1975 ).
Carnets sahariens est constitué du récit de quatre méharées entreprises entre avril 1935 et mars 1950 dans le Sahara algérien et libyen. Dans L’appel du Hoggar il réalise la « première » de la Garet El Djenoun (la montagne des génies, 2 375 mètres) en compagnie de Raymond Coche et découvre des gravures sur pierre dans l’oued Mertoutek.
Dans A skis et à chameau dans le Grand erg occidental, il teste de nouvelles planches sur un terrain incongru où il peine à glisser. La traversée du Messak Setaffet lui donne l’inspiration pour quelques écrits futurs (La piste oubliée et La Montagne aux écritures), malgré une fin de voyage très éprouvante.
Enfin, dans Du Hoggar au Tassili, il emporte dans ses bagages le cinéaste Georges Tairraz, « néophyte du désert », qui réalisera, en 1950, le film Le grand désert, première œuvre en couleurs sur le Sahara.
Frison-Roche mêle descriptions des paysages, dialogues parfois tendus avec les Touaregs qui lui servent de guide et récit des souffrances physiques inhérentes à l’exploit sportif. Pour lui, le désert n’est pas seulement le théâtre du dépassement de soi mais aussi celui de la contemplation et de la découverte des traces du passé (gravures et peintures rupestres).
Une écriture vivante et simple, à l’image de ses autres ouvrages plus connus : La grande crevasse, La dernière migration…

Les plus : des photos et des cartes pour situer les lieux traversés. Une biographie succincte de l’auteur. Les notes de Frison-Roche qui permettent de resituer chaque récit dans son contexte.
Les moins : certaines réflexions de l’alpiniste sur la « fainéantise » et « l’imprévoyance » de certains Touaregs qui l’accompagnent. Il est quelquefois condescendant. Heureusement ces réflexions sont rares et ne gâtent pas trop le plaisir de la lecture.

Le désert

Pierre Loti (préface de Jacques Lacarrière)
Editions Christian Pirot, 1987
233 pages

L’écrivain-voyageur Pierre Loti fait ici le récit de ses pérégrinations dans le désert du Sinaï du 22 février au 25 mars 1894. Accompagné par son ami Léo Thémèze, un marin, et le duc de Dino, il ralliera Gaza le matin de Pâques, escorté par les hommes du cheikh de Pétra, Mohammed Jahl.
Cet ouvrage constitue le premier volet d’un triptyque prolongé par Jérusalem et La Galilée. Le récit de Loti est empreint de spiritualité. Quelques chapitres s’ouvrent sur des extraits de l’Ancien testament (livre de la Genèse et de l’Exode).
On sent que l’auteur est en quête de Dieu, notamment lorsque sa caravane séjourne au couvent du Sinaï (le monastère Sainte-Catherine, dont la basilique fut édifiée sous l’empereur romain Justinien en 550).
Il évoque les beautés du désert, mais aussi son caractère inhospitalier : Pierre Loti et ses compagnons connaîtront la morsure de la chaleur mais aussi du froid (frigorifiés par une tempête de neige à l’approche du mont Sinaï). Une écriture très poétique, parfois un peu répétitive.

Les plus : la description des lieux traversés, la touche de spiritualité. Et surtout les quelques extraits du journal intime de Loti, insérés en fin de volume. Ils trahissent son état d’esprit à la veille du voyage : inquiet pour sa mère Nadine et craignant de ne pouvoir revenir vivant de son périple.
Les moins : quelques longueurs dans la narration et des jugements de valeur négatifs sur les occidentaux (« les bourgeois d’occident », « les oisifs »…). La carte du voyage, de la main de l’auteur, n’est pas très lisible.

Désert

J.M.G. Le Clézio
Gallimard, Folio, 1980
420 pages

Le Clézio offre ici un récit qui transcende les époques et alterne entre plusieurs personnages.
Côté face, le jeune Nour et le peuple des hommes bleus qui quittent Smara (au Maroc actuel) sous la conduite de Ma el-Aïnine (son nom signifie « L’eau des yeux »), fondateur de cette cité sainte des musulmans.
Poursuivis par les troupes coloniales françaises, ils échouent devant Marrakech, après des mois de souffrance et de soif. Les guerriers touaregs seront vaincus par 2 000 fantassins le 18 juin 1910 dans l’oued tadla. Ma El-Aïnine mourra peu après à Tiznit, alors que les français prennent possession de Smara.
Côté pile, Le Clézio narre les pérégrinations de Lalla, descendante d’un homme bleu et qui survit avec sa tante Aamma dans un bidonville aux portes du Sahara marocain.
Promise à un homme qui la dégoûte, elle fuit dans le désert avec un jeune berger muet, Le Hartani. Retrouvée à demi-morte, elle s’embarque pour Marseille où elle expérimente la détresse et la misère des migrants. Enceinte, elle rejoindra finalement la terre de ses ancêtres pour y enfanter.
L’écriture puissante et incandescente de Le Clézio crée une passerelle entre deux mondes, en apparence opposés. L’univers agonisant des Touaregs, décimés par l’armée coloniale, et l’environnement « moderne » de leurs descendants qui survivent dans des cabanes de planche et de tôle ondulée ou qui émigrent en quête d’une vie meilleure.
Mais une chose les relie : la force de leur esprit et de leur espoir et l’appel brûlant du désert. Comme un souvenir transmis de génération en génération.

Les plus : l’écriture évocatrice de l’auteur. On sentirait presque la morsure du vent et du soleil sur notre peau. L’architecture du livre, très claire, qui permet de marcher à côté des personnages, sans entraves.
Les moins : on cherche encore.

Lawrence en Arabie

Henry Laurens
Découvertes Gallimard, 1992
176 pages

Au fil de cinq grands chapitres Henry Laurens, agrégé et docteur en histoire, fait revivre le mythe « Lawrence d’Arabie » et lui donne chair. S’appuyant sur de nombreux documents iconographiques et écrits, il retrace l’existence de T.E. Lawrence : de sa naissance illégitime à sa mort accidentelle.
Une grande part est ménagée à l’épisode arabe, époque à laquelle l’archéologue de formation prend une part active à la Première guerre mondiale sur le front oriental. Loin de magnifier la légende, Henry Laurens décrit un homme fragile, tourmenté et accablé par la violence et la nécessité de donner la mort.
Souvent soupçonné par la presse de son époque d’être derrière toutes les révoltes de tribus et autres conspirations, il apparaît ici comme un simple soldat, écrasé par le poids de son propre mythe.

Les plus : une foule de photos, de peintures et de documents d’époque qui rythment le récit très explicite. En fin d’ouvrage quelques écrits complémentaires aident à comprendre le personnage, notamment les lettres qu’il écrivait à Charlotte, l’épouse de Georges Bernard Shaw, écrivain irlandais.
Les moins : aucun. Très complet.

Ecrits sur le sable (Tome 1)

Isabelle Eberhardt (préface d’Edmonde Charles-Roux
Grasset, 1988
498 pages

Ce premier tome des Ecrits sur le sable rassemble trois grands récits d’Isabelle Eberhardt, dont la mort tragique dans la crue d’un oued à Aïn Sefra (Algérie) en 1904, à 27 ans, marqua fortement les esprits.
Vagabondages, Retour au sud et Les Journaliers ont été rassemblés par Marie-Odile Delacour et Jean-René Huleu qui dévoilent, en préambule, que « l’on peut penser qu’il n’y a pas de meilleure biographie d’Isabelle Eberhardt que son œuvre elle-même ». D’emblée le ton est donné. Même si les trois parties sont diverses, elles aident à mieux cerner cette personnalité complexe et souvent tourmentée.
L’action de Vagabondages se déroule presque exclusivement en Tunisie, à Tunis et dans le Sahel tunisien. Celle de Retour au sud (composé de Sud oranais 1re et 2e partie) se passe dans le sud algérien : plaine du Hodna, Aïn Sefra et dans l’actuel Maroc (vallée du Figuig)… Il s’agit plutôt d’un récit de vie dans ces contrées et au milieu de ses habitants.
On observe l’existence quotidienne, le sort des Kenadsa (esclaves noirs) ou encore la haine sourde qui règne entre Algériens et Marocains. Pour mieux se fondre dans cet environnement Isabelle Eberhardt revêtait souvent un costume masculin et se coulait dans son personnage.
Les journaliers revêtent un caractère plus intime. Les états d’âme et, parfois, le désespoir de l’auteur transparaissent. Tour à tour séparée de Slimène, sous-officier spahi dont elle est éprise, victime d’un attentat dans lequel elle est blessée, sans le sou, loin de l’Afrique qu’elle regrette… Elle traduit en paroles les affres de son existence dans une introspection douloureuse et, parfois, nombriliste.

Les plus : des récits et témoignages, presque uniques, puisque les compilateurs ont couru les bibliothèques et les collections pour constituer l’ouvrage. Les écrits d’une femme en décalage avec son époque qui se déguisait en homme et revendiquait son indépendance.
Les moins : pas mal de longueurs. L’auteur s’apitoie aussi un peu trop sur son sort : un être à fleur de peau, parfois malaisé à cerner. Une œuvre incontournable tout de même lorsque que l’on s’intéresse au désert.

Eloge de la marche

David le Breton
Editions Métailié, Paris , 2000
177 pages

L’auteur, sociologue et anthropologue du corps, effectue un plaidoyer en faveur de la marche. Au fil de chapitres aussi variés que « le corps », « blessures », « silence », « écrire le voyage » ou encore « marcher avec les dieux », il explore les multiples facettes d’un passe-temps érigé en art de vivre. La marche pour se connaître au plus profond de soi, s’ouvrir au monde, goûter le silence et le temps qui s’écoule. Progresser dans la solitude ou aux côtés d’autres, pérenniser l’expérience en couchant ses impressions sur le papier...
David le Breton aborde aussi la marche-pèlerinage, celle qui amène l’homme à s’approcher du divin (le pèlerinage boudhiste du mont Kailash, par exemple).
Il s’appuie sur de nombreux écrivains-voyageurs : René Caillié (Voyage à Tombouctou), Richard Burton et John Speke (Aux sources du Nil, la découverte des grands lacs africains ), R.L. Stevenson (Voyage avec un âne dans les Cévennes ), Victor Segalen (Voyage au pays du réel)… Un périple à travers le temps et les différentes manières d’user ses godillots : par nécessité ou choix.

Les plus : des chapitres courts, clairs et variés. Tous les aspects de la marche sont abordés.
Les moins : aucun. La marche semble posséder tant de vertus que ce court aperçu donne envie de s'y adonner.

Gens des nuages

Jemia et J.M.G. Le Clézio, photos de Bruno Barbey
Folio, Gallimard, 1997
151 pages

Ce livre est l'histoire d'un retour aux sources. Celui de Jemia Le Clézio sur la terre de ses ancêtres dans la vallée de la Saguia El Hamra (la rivière rouge) au Sahara marocain. C'est de là qu'elle vient sans y avoir vécu. De cette contrée dominée par le sable et le vent, la spiritualité et la simplicité, au-delà du Draa. J.M.G, son mari, l'accompagne. Il met moins d'investissement personnel dans ce périple. Il n'appartient pas à la tribu des Aroussiyine, fondée par le saint musulman Sidi Ahmed El Aroussi. Il n'est qu'un "oiseau de passage". Au cours de ce pèlerinage initiatique, on croise des personnalités soufies, Michel Vieuchange et sa quête de Smara, René Caillié et surtout ces visages d'hommes et de femmes qui demeurent là, immuables, depuis toujours. Un récit magnifique.

Les plus : Les photographies de Bruno Barbey, somptueuses. On a parfois l'impression d'y saisir le vent. Le texte, court et magnifiquement écrit.
Les moins : Aucun. On souhaite juste que cette contrée reste à l'abri de la "pollution" moderne.

Un thé au Sahara

Paul Bowles
L'imaginaire, Gallimard, 1952
291 pages

Il y a trois acteurs dans ce roman : un couple d'Américains, Port et Kit Moresby, et le désert, immanent et effrayant. Un thé au Sahara met en scène l'incompréhension entre deux êtres qui ne parviennent pas à s'aimer et que la mort séparera prématurément.
Kit et Port sont venus au Sahara avec un vieil ami : Tunner. Celui-ci n'a qu'une seule idée en tête : séduire Kit. Non parce qu'il en est épris mais plutôt pour la performance virile. Il parvient à ses fins dans le train qui les conduit tous deux vers Boussif.
Port, qui les y rejoint en voiture, réussit à détourner Tunner de Kit. Et les époux partent seuls pour Bou-Noura. Mais Port contracte la typhoïde. Il agonise au fort français de Sbâ. La démence guette Kit qui abandonne son mari, mourant, et s'enfuit dans le désert. Elle y rencontre Belqassim, un Touareg. La suite : un épisode sensuel, la jalousie des trois épouses de l'autochtone polygame et le nouveau départ de Kit pour un ailleurs qu'elle ne conçoit même pas.

Les plus : l'intrigue, dynamique et originale. La variété et le caractère singulier des personnages. A l'instar du couple mal assorti formé par Eric Lyle et sa mère, rencontrés par Port, Kit et Tunner au début du voyage.
Les moins : le désert, l'environnement naturel, est présenté sous l'angle de la menace. C'est là que Kit se perd physiquement et mentalement. Ce n'est pas un lieu de contemplation, ni de paix intérieure.

Le désert blanc

Patrick Darphin
Editions du chêne, 2005
168 pages

Monolithes de craie en équilibre précaire, paysages somptueux au couchant, vagues de sable fantasques... Patrick Darphin, photographe et un brin poète, partage sa joie de contempler le désert blanc, dans le Sahara égyptien.
Dans l'oasis de Baharya, les dunes de Dakhla ou le désert libyque, il magnifie les décors variés, les met en scène et noue pousse à les aimer. Il rend aussi hommage à tous ceux qui l'ont précédé : Théodore Monod (sur les traces duquel il progresse vers Zerzura dans le désert libyque) ou le comte hongrois Von Almasy (le héros du "Patient anglais", premier arpenteur du Gilf Kebir - 200 km de large et 180 de long).
Les amateurs de géologie seront conquis par l'ouvrage : formation des paysages, évolution climatique, fossiles, vestiges préhistoriques... Patrick Darphin s'est adjoint les compétences du professeur François Fröhlich, du museum national d'histoire naturelle.
Un magnifique livre qui se savoure comme un voyage.

Les plus : La carte, en fin d'ouvrage, qui situe le périple de Patrick Darphin. Les clichés somptueux, véritables invitations au voyage.
Les moins : Les êtres humains ne sont qu'entrevus. On aurait aimé plus d'informations sur ceux qui peuplent ce désert, notamment dans l'oasis de Baharya (33 000 habitants).

Histoire de déserts

Textes réunis par Alain Laurent
Sortilèges, 1998
369 pages

Ce livre, foisonnant, offre une sélection de récits magnifiant les déserts. A l'honneur : le Sahara, mais aussi le Namib, le Rub-al-Khali, le Takla-Makan ou le Kalahari. Le compilateur a choisi des écrivains du désert (Heinrich Barth, Isabelle Eberhardt,
Théodore Monod, Lawrence d'Arabie...) mais aussi des auteurs moins connus : Leconte de Lisle, Pierre Benoît, ou Théodore de Banville...
Au générique de l'ouvrage : des extraits courts de « Cinq semaines en ballon » de Jules Verne, « Voyages et découvertes dans l'Afrique septentrionale et centrale » de Heinrich Barth, « Deux mois au Tibesti » de Gustav Nachtigal, « Voyage à Tombouctou » de René Caillié, « Désert » de Pierre Loti, « La révolte dans le désert » de T.E. Lawrence, « Le désert des déserts » de Wilfrid Thesiger, « Oasis interdites », d'Ella Maillart, « Poèmes barbares » de Leconte de Lisle, « Les feux du désert » de Wilbur Smith, «Le monde perdu du Kalahari » de Laurens van der Post, « Vents de sable » de Joseph Kessel, « Terre des hommes » d’Antoine de Saint-Exupéry, « Fort Saganne » de Louis Gardel, « Voyages » d’Ibn Battuta, « Le Devisement du monde » de Marco Polo, « Le désert » d’Albert Memmi, « Au soleil » de Guy de Maupassant, « La piste oubliée » de Roger Frison-Roche, « L’Atlantide » de Pierre Benoît, « Le désert des Tartares » de Dino Buzzati, « Le grand désert » d’Eugène Daumas, « Le canyon hanté » de Louis L’amour, « L’homme flambé » de Michael Ondaatje, « Les exilés » de Théodore de Banville, « La correspondance » de Charles de Foucauld, « Méharées » de Théodore Monod, « Ecrits sur le sable » d’Isabelle Eberhardt, « Un été dans le Sahara » d’Eugène Fromentin, « Une passion dans le désert » d’Honoré de Balzac et « Un thé au Sahara » de Paul Bowles.

Les plus : Un grand choix de textes, très variés : du récit d'aventure, à l'exploration et aux poèmes. Un tour d'horizon assez complet du sujet.
Les moins : La presque absence d'illustrations. Elles auraient permis de rythmer davantage les transitions entre les auteurs et de favoriser l'évasion du lecteur.

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